LOST débarque sur EPIDERMIQ'







EpidermiQ raconte


21/06/05 : LOST débarque sur EPIDERMIQ'

Vous vous souvenez de SERIES MAX ? Mais siii... Vous savez le magazine sur les séries dans lequel pas mal de membres d'EPIDERMIQ' écrivaient en tant que rédacteurs.Ne soyez pas perdus

Je vais poster ici un article destiné au N°9 qui n'est jamais sorti et qui a été écris par Lyssa (un grand merci à elle). Un écrit sur la nouvelle série évènement : LOST qui débarque enfin sur TF1 samedi prochain à partir de 20h50, c'est donc l'occasion rêver de vous faire un petit DOSSIER sur le site. je vous laisse donc en compagnie de Lyssa qui va vous présenter le show de la manière la plus complète possible et sans le moindre spoilers.

C'est bien connu, lorsqu'une première série fait sensation sur le petit écran et que les critiques sont unanimes, le créateur s'empresse de surfer sur la vague et de donner naissance à un autre programme… Parfois catastrophe, parfois véritable bijou, on ne peut aujourd'hui que remercier Sydney Bristow d'avoir plu à assez de personnes pour faire naître Lost le nouveau show d’ABC qui écrase toute concurrence outre Atlantique. Le synopsis ? Une histoire que l’on aurait pas cru voir dans une série. Jugez plutôt, il s’agit de plus d’une quarantaine de survivants d’un crash aérien sur une île déserte qui vont devoir apprendre à se connaître et se comprendre afin de pouvoir survivre alors leur environnement est pour le moins des plus hostile. Autant vous le dire tout de suite cette série est ce que la télévision a fait de plus addictif depuis longtemps et il y a fort à parier que si le show continue comme ça Lost sera sans doute aux années 2000 ce que The X-Files furent aux années 1990…



Première règle d'or de cette nouvelle série : le spectaculaire. Que ce soit à travers les personnages, les effets spéciaux, les lieux ou les évènements, Lost est captivante, et ce pour plusieurs raisons. D'une part, grâce à la réputation et la médiatisation de la série avant même sa diffusion. Et pour cause : le budget du pilote est le plus cher de l'histoire de la télévision, avec un coût avoisinant les dix millions de dollars ! De quoi permettre un tournage dans l'archipel d'Hawaii et une véritable carcasse d'avion pour décor. Avec de tels arguments, et aux vues des précédents coups de folie de J.J Abrams dans Alias, inutile de préciser que le programme était plutôt alléchant… Car les péripéties de l'Agent Bristow ont véritablement déroulé un tapis rouge à Lost, notamment grâce aux fans de la belle Garner qui ont communiqué à outrance sur le fait qu'Abrams s'était investi corps et âme dans ce nouveau projet.


Une génèse inattendue

Mais à la véritable origine de Lost, il y a tout d'abord la chaîne de télévision ABC. Une fois n'est pas coutume, ce ne sont pas les producteurs qui ont du se démener pour faire acheter leur projet mais l'inverse : ABC possédait l'idée de cette série depuis quelques mois lorsque Lloyd Braun, directeur des programmes de la chaîne, a décidé de sauter le pas et de contacter Abrams. D'abord plus que réticent, du fait de ses nombreuses occupations, il accepte finalement et commence à composer son équipe : il embarque dans l'aventure, en tant que co-créateur, Damon Lindelof, connu pour la série Crossings Jordan. Ensemble, ils commencent à dresser les premières esquisses de la série et entreprennent le casting.

Ravie de voir ce projet enfin concrétisé, ABC commande six premiers épisodes et, sous réserve d'audience suffisante, six supplémentaires. La chaîne ne s'investit pas complètement car plus Abrams leur fait part de ses idées, plus un véritable problème se dégage : conférer à Lost un potentiel temporel égal à celui des autres séries. Il est vrai que le concept est assez restreint, que ce soit d'un point de vue spatial, temporel, ou même quant aux personnages. Impossible de faire évoluer les protagonistes ailleurs que sur l'île, il est juste envisageable de modifier ou d'explorer un peu plus cette dernière. Impossible de renouveler le casting aussi souvent que dans n'importe quel soap opera ou, plus intelligemment, que dans des séries telles que Buffy ou Urgences. Les survivants sont à tel endroit, à tel moment, point final. Néanmoins, il est également important de se pencher sur les atouts que ces contraintes apportent à Lost : une intensité flagrante, un rapprochement avec le public qui va découvrir ce nouveau lieu en même temps que les protagonistes, et, plus important, une originalité qui permet de se démarquer des habituelles séries, qui reprennent toutes plus ou moins la même base.

Le scénario est donc écrit, les premières lignes directrices décidées, les réalisateurs et producteurs engagés, il ne reste plus qu'à dénicher les acteurs. Matthew Fox, de La Vie A Cinq, remporte le rôle du personnage principal, Jack le héros… Peut-être pas le plus intéressant à jouer, cependant. On peut également citer Emilie De Ravin (Roswell), ou Dominic Monaghan, connu pour son interprétation de Hobbit dans Le Seigneur Des Anneaux, qui aura eu le privilège de voir un personnage modifié rien que pour lui. Au fil du recrutement des interprètes, Abrams et Lindelof sont inspirés et étoffent ainsi le scénario et le casting. Font alors leurs entrées un couple de Coréens ne parlant pas un mot d'anglais, ou un personnage sensé donner un ton plus léger et enjoué à la série. Les interprètes sont presque tous définis lorsque intervient une notion formidable d'Hollywood, notion que J.J Abrams a vite fait sienne : engager son acteur fétiche dans son nouveau projet.Encore un héros de séries qui sappelle Jack

Abrams n'a bien évidemment pas manqué de reproduire le schéma Felicity/Alias (On se souvient en effet que Jennifer Garner tenait un rôle dans la première.), en faisant venir sur le tournage du pilote Greg "Eric Weiss" Grunberg et, pour un rôle plus épais et récurrent, le génialissime Terry "Kendall" O'Quinn...

Il ne reste plus qu'à tourner et à donner quelques petites touches, musicales et autres, en studios. Quelques semaines plus tard, Lost est née. Le pilote est diffusé le 22 septembre 2004 sur ABC et, forte de ses critiques et publicités, attirent devant le petit écran plus de dix huit millions de téléspectateurs américains, soit la meilleure audience de la chaîne, pour un drama, depuis près de neuf ans ! La série est propulsée huitième du classement des meilleures audiences de la semaine, et parvient même à se hisser à la septième place un peu plus tard. Un véritable phénomène qui ne faiblit pas au deuxième épisode, malgré une habituelle petite baisse. Outre-atlantique, TF1 a tôt fait d'entendre parler de la série et achète aussitôt les droits pendant que ABC se frotte les mains et commande rapidement de nouveaux épisodes. La place d'Alias est alors compromise, puisque Lost occupe actuellement son créneau du mercredi soir. La solution est vite trouvée, c'est une soirée J.J Abrams qui sera offerte aux téléspectateurs dès janvier : Alias sera diffusée à la suite de Lost. Une bonne idée pour dynamiser un peu l'audience qu'effectue Sydney Bristow, en perte de fidèles depuis la troisième saison.


Une série de personnage

A partir de ce moment, les Etats-Unis pourront donc suivre sur une saison entière les aventures de ces quarante huit naufragés, crashés sur une île déserte où règnent végétation et animaux peu rassurants, climat contraignant et peur ambiante. Il s'agit désormais de s'organiser et de survivre, tout en composant avec les différentes et très complexes personnalités de ces Robinson Crusoé en herbe. Rapidement propulsé à la tête de tout ce petit groupe : Jack. Et puisqu'un héros est toujours docteur, espion ou Elu, celui-ci est médecin. Il faut avouer que sur une île déserte, c'est quand même plus utile que de savoir placer un mouchard dans un stylo plume… Jack, donc, devient bientôt celui à qui tout le monde se raccroche, vers qui tout le monde se tourne, et pour qui tout le monde doit être sauvé. Il est à noter que son nom de famille est Shepperd, soit « berger » en anglais l’indique tout naturellement à ce rôle. Obnubilé par la sécurité de chacun, il laisse peu de place aux jeux et à la fraternisation. Cest quand même plus glamour que KOH-LANTA

A sa droite, il élit, tension émotionnelle oblige, une jeune femme au passé plus que sombre nommée Kate. En vrac, notons également la présence de quelques jolis stéréotypes : la blonde pas franchement maligne qui voit sur l'île l'occasion parfaite de faire des UV gratuits, le bon vivant très sympa qui chercher à faire sympathiser tous les survivants, et, comme un malheur ne vient jamais seul, deux personnages à la santé fragile : un junkie de 27 ans, ancien bassiste dans un groupe à succès. Il n'a, cela va de soi, pas emmené avec lui une réserve suffisante de drogue et se retrouve bientôt en manque. La deuxième se nomme Claire ou, plus communément The Boulette Girl, qui a choisi de s'écraser sur cette île… enceinte. Et pas de deux ou trois mois, non, de huit jolis mois. Il va donc falloir gérer tout ce petit monde, ce groupe hétéroclite aux cultures, idées et personnalités différentes qui ne manquent pas de se heurter les unes aux autres.


La Vérité est ailleurs

Mais une série de J.J Abrams ne serait pas vraiment une série sans sa dose de surnaturel… Pour pimenter et étoffer ainsi l'histoire, les créateurs ont inséré dans l'île quelques créatures extraordinaires, conférant une touche et une ambiance qui rappellent volontairement Jurassik Park : des hommes perdus qui côtoient des animaux omnivores inhabituels, faisant du tout un lieu plus qu'hostile.

Peu à peu, l'île et ses caractéristiques évoluent : bien plus qu'un terrifiant lieu de passage, elle apprend aux protagonistes à se découvrir de nouvelles facettes et à se remémorer leur passé. Ainsi, les épisodes sont rythmés par quelques flash-back et nous font découvrir les rescapés sous un nouveau jour, celui d'une vie quotidienne passée parfois difficile, souvent regrettable. C'est précisément sur ce sentiment de regret que jouent les scénaristes, alternant récits sentimentaux ou familiaux, souvent liés à la montée dans cet avion.Voici qui nous sommes

Pourquoi étaient-ils là-bas à cette époque, quel genre de vie ont-ils laissée chez eux ? Auraient-ils pu éviter ce vol, éviter de s'écraser ici ? Autant de questions que les intéressés se posent en même temps que nous, nous offrant alors cette dualité passionnante de vie passée et actuelle. Les gentils deviennent moins gentils, les méchants moins méchants… Et les plus fascinants encore plus fascinants. Ce crash sur l'île leur permet surtout de démarrer une toute nouvelle vie, puisque les secours sont apparemment loin de se douter qu'ils sont encore vivants.
Au final, Lost, qui se destinait surtout à l'aventure et à l'exacerbation de l'instinct de survie, se dévoile comme possédant bien sûr ces caractéristiques, mais également des sentiments, de l'humanisme, une réflexion sur les regrets et l'existence que chacun vit ou aura vécu. Les personnages semblent avoir été écrits pour des idées et non l'inverse, tant chacun trouve sa place et s'encastre parfaitement dans le paysage.

Toutefois, ce côté humain peut donner lieu à quelques débordements, la frontière avec les (trop) bons sentiments étant très fine. Ainsi, certaines fins d'épisode, sensées être pleines d'espoir et de joliesse se retrouvent en réalité proche de la niaiserie. La réalisation y est pour beaucoup : ralentis, musiques bien trop souples, sourires entre deux personnages qui se détestaient deux minutes auparavant… La subtilité n'est pas vraiment au rendez-vous, et la cohérence non plus.

Un véritable paradoxe, puisque Lost possède parallèlement un début de mythologie fantastique tout en finesse et en interrogations, où indices et détails sont distillés au compte-goutte, à des moments savamment déterminés. Une mythologie, donc, qui se décompose en deux principaux points : tout d'abord, la dualité bien/mal. Celle-ci est omniprésente, que ce soit entre les survivants, le rapport entre leurs vies passées et présentes ou tout simplement avec l'île, qui devient ainsi un personnage à part entière. Car le plus sage des survivants est clair : si l'on veut obtenir quoique ce soit de sa part, il faut lui donner quelque chose en échange. Un véritable mystère s'instaure donc autour d'elle, et nul doute qu'elle est responsable de bon nombre des étrangetés qui se produisent : comment ont-ils pu survivre à un tel crash d'avion ? Et comment, d'ailleurs, peuvent-ils continuer à survivre alors qu'ils semblent être entourés d'une faune sauvage pour le moins étrange ?

En deuxième lieu, la mythologie pure des personnages. La base de la série, confie l'un des producteurs, est la notion de résurrection, où chacun retombe dans un lieu inexploré, entouré d'inconnus, et où les qualités qui font de vous un homme modèle en société, comme la culture générale, n'ont plus aucune utilité. Seuls, comptent les moyens de survie que vous avez à disposition et vos aptitudes à vous en servir. C'est une véritable retombée en enfance, à ceci près que les survivants sont capables d'analyser chaque situation et de modifier l'image qu'ils renvoient aux autres. En somme, l'occasion de refaire sa vie et de savoir si l'on est assez satisfait de celle passée pour continuer à avoir le même comportement, d'où l'utilité, bien plus importante qu'elle n'y paraît, des flash backs.


Mais et ensuite ?

Au fil du temps, Lost trouve peu à peu son chemin et se perfectionne, notamment grâce à l'arrivée de nouveaux scénaristes au sein de l'équipe. Citons surtout David Fury, connu pour son travail sur Buffy et Angel, qui a écrit l'un des plus brillants épisodes jusqu'à aujourd'hui. L'excellent Drew Goddard à qui l'on doit quelques épisodes des saisons 7 et 5 de Buffy et Angel, a également été embauché et travaille sur le seizième épisode. Ces nouvelles recrues ont beaucoup contribué à la maturité de la série, à apporter un regard neuf et objectif et à déceler des petites choses manquantes. L'humour est bien plus présent depuis l'arrivée de Fury, les dialogues qui n'étaient, jusqu'alors, pas fulgurants et souvent clichés deviennent beaucoup plus soignés, et Lost acquiert cette chose indescriptible qui fait qu'une série vous captive, vous touche et vous donne envie d'avoir la suite, là, maintenant, tout de suite.

Mais surtout, le succès de la série tient en une notion toute simple : la touche Abrams. Il ne faut, en effet, pas oublier que la majorité des spectateurs de la série sont avant tout des fidèles d'Alias.Y a du soleil et des nanas...

Tous eurent tôt fait de se ruer devant leur télévision pour retrouver de nouvelles questions en suspens, des acteurs et personnages soignés, des évènements imprévisibles, des cliffhangers, ou encore une réalisation dynamique. De plus, les genres sont mélangés et la configuration de Lost permet de se plonger encore plus dans cet exercice : romance, aventure, suspens, action, interactions entre les survivants… Sydney avait une double vie qui permettait aisément de jongler entre deux univers fondamentalement différents, Abrams a aujourd'hui trouvé un nouveau moyen pour développer toujours plus loin ce concept.
Et surtout, il fait un joli clin d'œil aux fans en jouant de nouveau avec les chiffres : les personnages passeront, en l'espace d'une saison, 40 jours sur l'île : une référence biblique qui est loin d'être hasardeuse, a confirmé Abrams. Quant au fameux chiffre '47' de Rambaldi, il est de nouveau présent. Somme toute, on s'ennuie rarement pendant Lost, tout comme on s'ennuie rarement pendant Alias. C'est là l'excellence du créateur puisque avec à peu près les mêmes bases et points forts, il parvient à ne pas nous lasser.


Au final...

La série possède de sérieux atouts de son côté : un concept résolument original, une réalisation qui colle à merveille aux scénarios, des acteurs plus que convaincants, qui incarnent des personnages suffisamment différents les uns des autres pour que chaque émotion puisse être traitée… Et surtout, chose incroyable vu la qualité déjà exceptionnelle du pilote, une qualité continuellement croissante. Il n'y a plus qu'à se laisser porter au fil des histoires. Il n'y a plus qu'à réfléchir intensément au fil des révélations, pour finalement se rendre compte que l'on avait tout faux et que le cerveau génialement tordu de J.J Abrams avait prévu quelque chose de bien pire. Il n'y a plus qu'à remercier définitivement Sydney.


Pour aller plus loin :

> En discuter avec nous sur le forum.
> Bande annonce vidéo sans spoilers
> Emission de radio sur LOST


Lyssa pour EpidermiQ'



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